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Usbek & Rica – Raison d’être, RSE et rebranding : quand le politique plagie l’entreprise

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C’est ainsi que l’on a pu constater durant la présidentielle et cette semi-campagne législative l’utilisation de l’expression « raison d’être » qui sert, originellement, à résumer ce qu’est l’ADN d’une entreprise pour accompagner le déploiement de sa RSE. « Nous devons définir la raison d’être de la droite », a déclaré le maire de Cannes, David Lisnard ; « la lutte contre les inégalités et les discriminations est la raison d’être du PS », lit-on dans les arguments internes du Parti socialiste. L’expression se retrouve de part et d’autre de l’échiquier politique, servant à répondre à des formations politiques en recherche d’identité. Les verts ne sont pas en reste puisqu’ils proposent d’entériner ce nouvel état de fait qui accélère pourtant l’obsolescence du politique : « La consolidation progressive par la loi des avancées en matière sociale et environnementale de ces entreprises sera également un gage d’amélioration des pratiques, d’éthique et de transformation des processus de production ». 

Très souvent, une entreprise qui veut réaffirmer, revisiter ou enrichir sa raison d’être, sa mission et ses valeurs a recours au rebranding. Cela passe le plus souvent par un changement de nom qui permet de se démarquer. Le groupe PPR (Pinault-Printemps-La Redoute) devient Kering, Total devient Total Énergies et Facebook décide se renomme Meta. Par facilité ou par opportunisme le parti présidentiel est passé en quelques années d’ « En Marche » à « La République en Marche » pour devenir, aujourd’hui, « Renaissance ». Cette dernière formation se regroupe avec « Horizons et le Modem », sous une marque ombrelle : « Ensemble citoyens ». A noter que le « Front national » est devenu «  « Rassemblement national » et que le « Parti de gauche » a aussi changé de nom à un rythme soutenu : « Front de gauche », « La France insoumise » et a recours, aussi, à la marque ombrelle NUPES.

Reste cependant un point de taille qui diffère sensiblement du modèle entrepreneurial : la prise en compte et le respect des points de vue des parties prenantes lorsqu’il s’agit de définir les stratégies, autrement appelé démocratie interne. Apparemment, l’intelligence collective qui est de plus en plus recherchée, défendue, encensée en entreprise est le parent pauvre des organisations politiques. A moins que l’annonce dernièrement d’Emmanuel Macron de créer un Conseil national de la refondation vienne combler ce vide…

Vers une dystopie cyberpunk ?

Au vu de ces évolutions, on est en droit de s’interroger sur l’opportunité de l’avènement récent « des chefs de l’Etat-entreprise » ; il est loin d’être certain que cela inversera la tendance. Si le politique souhaite se repolitiser il sera bien obligé d’étendre à son tour son domaine d’action, qui « ne pourra s’opérer que par une extension de la citoyenneté au-delà de la sphère publique, notamment dans l’entreprise ».

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